Le Bertre Louis Marie Adrien

Etat civil

Né le 6 mai 1872, Déville-les-Rouen, S.-I.

Décès le 1er octobre 1914, Puisieux, Pas-de-Calais

Cause du décès : Tué à l'ennemi (atteint par un obus), 10 h 00

Inhumé : fosse commune à Puisieux puis son corps est rapatrié dans le caveau familial du Cimetière Monumental de Rouen, carré H2, mur, tombe n°20

22e Régiment Territorial d’Infanterie

Grade : Capitaine

Rouen Nord

Décoration : Décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze

Document officiel

Citations

Citation à l’ordre du régiment n°126 du 8 juillet 1916 : « Officier d’une rare bravoure, lequel donnant l’exemple de la plus belle abnégation, a été tué devant ses hommes le 1er octobre 1914 à la ferme Beauregard, est mort en leur criant : en avant. »

Notice biographique :

Passage au lycée Corneille : Il entre à l’externat de l’Institution Join-Lambert en octobre 1882 et y reste jusqu’à la fin de sa quatrième en 1887. A cette époque, l’établissement de Rouen s’arrête à ce niveau, ce qui l’aurait obligé, à partir de la troisième, à monter à Bois-Guillaume. Ses parents le mettent alors au lycée Corneille qu’il intègre le 1er octobre 1887 en classe de 3e A. Il sera plus tard en 1891-1892 en classe de Philo. Il est de confession catholique et étudie l’Anglais.

Les appréciations le concernant durant l’année 1891-1892 alors qu’il est en Philo, sont les suivantes : 1er Trimestre : Ne manque pas de bonne volonté, mais n’a pas jusqu’à présent pris le courant de la classe. Il a de la peine à se faire aux idées philosophiques. 2e Trimestre : Ne se dégage toujours pas, bien que n’ayons pas à nous plaindre de son travail. 3e Trimestre : Le travail a été bon, mais les résultats sont insuffisants pour nous promettre un succès.

Situation familiale : Son père est notaire. Après le lycée, il entreprend comme son père des études de droit pour devenir notaire (son père est alors notaire à Déville-les-Rouen). Il suit alors des stages dans l’étude de maitre Ysel. Il épouse Marie Joséphine Julliard le 29 avril 1902 à Rouen. Il est notaire à Mesnil-Esnard depuis 1901 et en deviendra conseiller municipal.

Situation militaire : Il est clerc de notaire en 1892 lors de son passage devant le conseil de révision et vit n°35 bis rue Chasselièvre. Degré d’instruction générale : 3. il mesure 1 m 60. Il deviendra notaire au Mesnil-Esnard. N°186 du tirage dans le 5e canton de Rouen. Bon pour le conseil de révision. Classé dans la 1ère partie de la liste du recrutement communal. Incorporé du 14 novembre 1893, soldat de 2e classe le dit jour, de 1ère classe le 11 juillet 1894, caporal le 6 octobre 1894, sergent le 1er octobre 1895. Envoyé en congé le 29 septembre 1896 en attendant son passage dans la réserve. A accompli une période d’exercices au 24e de ligne du 3 au 30 mai 1897. Passé dans la réserve de l’armée active le 1er novembre 1896. Promu sous-lieutenant au régiment d’infanterie de Rouen Nord (décision ministérielle du 30 décembre 1897), a accompli une période d’exercices du 22 août au 18 septembre 1898. A accompli une période d’exercices militaires au 24e RI du 27 août au 23 septembre 1900. En 1901, il s’installe n°45 route de Paris au Mesnil-Esnard comme notaire. Il sera conseiller municipal de la ville. A accompli une période d’exercices militaires du 24 février au 23 mars 1902. A accompli une période d’exercices militaires dans le 39e RI du 16 au 30 mars 1903. Promu lieutenant de réserve au régiment d’infanterie de Rouen-nord par dépêche ministérielle du 12 août 1904. A accompli une période d’exercices au 39e RI du 20 mars au 16 avril 1905. Passé dans l’armée territoriale et affecté au 18e RIT (décision ministérielle du 24 avril 1907), a accompli une période d’exercices au 22e RI du 3 au 12 octobre 1908. Rappelé à l’activité par décret de Mobilisation générale du 2 août 1914, arrivé au Corps et promu capitaine dans le cadre des officiers de l’armée territoriale par décret du 2 août 1914. Capitaine à la 11e compagnie du 22e RIT. Il s’illustre dans les combats des 28 et 29 septembre 1914. « Mort pour la France » le 1er octobre 1914 au combat de Puisieux (avis ministériel du 20 octobre 1914) en défendant la ferme de Beauregard. Il fut impossible de retrouver sa sépulture, il a probablement été inhumé avec trente autres soldats dont le nom est demeuré ignoré, dans une fosse commune, sur le lieu même du combat. Décès transcrit au Mesnil-Esnard le 9 mai 1915. Campagne contre l’Allemagne du 2 août 1914 au 1e octobre 1914.

Le journal Le mot du 7 décembre 1914 annonce son décès : « Adrien Le Bertre, du 22e territorial, notaire à Mesnil-Esnard, dont il était conseiller municipal, tué dans le Nord. »

Frère aîné de l’abbé René Le Bertre, dont une troupe de scouts en 1931 porte le nom et dans laquelle se trouvera le jeune Jean Lalande, futur Mort pour la France au cours de la Seconde Guerre mondiale. René-Gustave Nobécourt l’évoque indirectement dans son ouvrage, Rouen désolé, 1939-1945, à la page 150-151 : « Mgr Petit de Julleville offrit en son manoir de la rue des Bonnetiers un abri discret à un groupement dont les Allemands avaient interdit l’activité : les Scouts de France. Le clan routier René Le Bertre tint régulièrement ses réunions dans une pièce voisine de la chapelle. »

M. Gensoul, procureur général de la Cour d’appel de Rouen, l’évoque dans l’audience solennelle de rentrée le 2 octobre 1916 : « Les notaires du ressort, au cours de l’année judiciaire, ont écrit une belle page dans les annales de leur Compagnie. Quinze notaires mobilisés, ont été tués, blessés ou cités à l’ordre du jour. […] M. Le Bertre, notaire à Mesnil-Esnard, capitaine au 22e RIT, a été tué par un éclat d’obus le 1er octobre 1914 à la ferme de Beauregard (Pas-de-Calais). En annonçant son décès le colonel du 22e RIT écrivait : « hélas, oui ! Votre ami et le mien, le capitaine L. Bertre a été tué, c’est une perte pour tous, famille, amis et pour la France. Il était très bon capitaine et déjà signalé aux combats des 26 et 29 et aux tranchées. » Cette lettre du colonel vaut bien une citation à l’ordre du Régiment. » [Sources : Le livre d’or du ressort de Rouen pendant la deuxième année de guerre, 1915-1916, Imprimerie Girieud, Rouen, 1916, p. 30-31]

Son nom figure sur le Monument aux morts de l’Institution Join-Lambert. Son nom figure sur le Monument aux morts du Mesnil-Esnard. Son nom figure sur l’anneau de la Mémoire de Notre-Dame-de-Lorette qui répertorie les 578 606 combattants de toutes les nationalités, morts dans le Nord-Pas-de-Calais au cours de la Grande Guerre

Le Bertre Louis Marie Adrien

Partager sur facebook
Partager sur google
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
Fermer le menu