Cerné André Jacques

Etat civil

Né le 16 juin 1893, Rouen, S.-I.

Décès le 3 avril 1916, Vaux-Douaumont, Meuse

Cause du décès : Tué à l'ennemi (éclat d'obus)

74e Régiment d'Infanterie (d'abord brancardier puis dans le service actif, sergent, promu sous-lieutenant le 6 novembre 1915)

Grade : Sous-Lieutenant

Rouen Nord

Décoration : Nommé Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume en février 1921. Décoré de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre avec Palme le 26 juillet 1915.

Document officiel

Citations

Cité à l’ordre du Jour du Régiment en juillet 1915 : « Le sergent Cerné, le 18 septembre 1914, a organisé dans un château mis en état de défense par sa compagnie une ambulance ; au moment de l’incendie du château, a réussi à évacuer tous les blessés qu’il a conduits à l’arrière. Cette mission accomplie, a de nouveau passé le canal pour reprendre sa place au milieu de ses camarades. » ; Deuxième citation le 6 novembre 1915 : « Etant employé comme adjudant de bataillon, n’a cessé de se prodiguer pour seconder son chef. Ayant été envoyé pour voir ce qui se passait à la tête d’un boyau d’attaque où l’avance paraissait arrêtée, a su ranimer le courage de ses camarades et a contribué puissamment par son entrain et son exemple à la reprise de la marche en avant. A été grièvement blessé. » ; Troisième citation à l’ordre de l’Armée par le général Nivelle, en juillet 1916 : « Jeune officier d’un entrain et d’une bravoure remarquable. Le 3 avril 1916, au Bois de la Caillette, a entraîné sa section de mitrailleuses avec une vague d’assaut. A pris pied dans une tranchée ennemie et a mis aussitôt ses pièces en batterie malgré un bombardement intense. A été mortellement blessé peu après. »« Jeune officier d’un entrain et d’une bravoure remarquables. Le 3 avril 1916, a entraîné sa section de mitrailleuses avec une vague d’assaut. A pris pied dans une tranchée ennemie, a mis aussitôt ses pièces en batterie, malgré un bombardement intense. A été mortellement blessé peu après. A été cité »

Notice biographique :

Passage au Lycée Corneille : Il intègre le Lycée Corneille le 1er octobre 1901 en 8e A. Il est en 7e A1 en 1902-1903, en 5e A2 en 1905-1906, en 4e A2 en 1906-1907, en 3e A2 en 1907-1908, en 2e B en 1908-1909, en 1ère B en 1909-1910, en Philo en 1910-1911.

Situation familiale : Né au n°24 rue Saint-Patrice, il est le fils d’Alfred Cerné, docteur en médecine, chirurgien à l’Hôtel-Dieu, professeur de la clinique chirurgicale à l’Ecole de Médecine de Rouen, futur maire de Rouen en 1928-1929, membre des AMR, de la commission départementale des Antiquités, de la société d’émulation, il a rédigé des ouvrages sur les anciennes sources et fontaines (1930), les anciens hôtels de ville de Rouen, leurs beffrois et la Grosse Horloge (1934), sur les moulins à eau de Rouen (1937). Alfred Cerné est Chevalier de la Légion d’honneur en 1921, officier de la Couronne de Belgique, officier de l’instruction publique, titulaire de la Médaille de la reconnaissance française. L’ancienne place Bouvreuil porte le nom d’Alfred Cerné. André est encore célibataire et est toujours domicilié au n°24 de la rue Saint-Patrice durant le conflit.

Situation militaire : André est étudiant en médecine en 1913, il devient interne des Hôpitaux de Paris. Degré d’instruction inconnu. Il mesure 1 m 66. Classé dans la 1ère partie de la liste en 1913. Incorporé à compter du 28 novembre 1913, soldat de 2e classe (74e RI). La guerre est déclarée alors qu’il effectue sa première année de service militaire. Il devient sergent après la bataille de la Marne, il se distingue lors de la bataille d’Artois dans les combats du Labyrinthe. Il est blessé le 7 juin 1915 au Labyrinthe et envoyé en convalescence à l’hôpital 101 de Rouen. Le 21 juillet, il reçoit des mains de son colonel la Médaille militaire et la Croix de Guerre. Il retourne au front à la fin du mois d’octobre 1915, il est nommé sous-lieutenant le 6 novembre, affecté à une compagnie de mitrailleuses. Le 2 avril 1916, il arrive à Verdun où son régiment reprend le bois de la Caillette. Le 3 avril 1916, il est mortellement frappé par un éclat d’obus, tué à l’ennemi au combat de Vaux-Douaumont (Avis ministériel FA 5820) du 25 avril 1916, rayé du contrôle le dit jour (avis du corps du 30 juin 1917). Campagne contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie du 3 août 1914 au 3 avril 1916.

Voici les circonstances de sa mort :

Affecté à la C.M. 2, André Cerné suivit le 1er bataillon dans sa progression. Albert Martin, alors médecin à l’ambulance 9/3, note dans son carnet de route : « Aujourd’hui dimanche [2 avril 1916], j’ai eu le plaisir de voir quelques figures de Rouennais. Ce sont des soldats des régiments de Rouen qui viennent à leur tour relever les camarades de première ligne. Et d’abord, j’ai vu un des fils Cerné. ; il pourrait être médecin auxiliaire (ce qui ne lui vaudrait peut-être pas beaucoup plus de sécurité), mais il a voulu rester combattant. Il est sous-lieutenant au 74e et il a sur la poitrine la médaille militaire et la Croix de Guerre. Il était parti simple soldat et le voilà officier. J’ai admiré ce garçon, énergique, brave et plein d’entrain. Son père peut être fier de lui ; mais je comprends l’angoisse dans laquelle il doit se trouver. Son fils, en effet, ne craint rien ; il s’est battu d’admirable façon et c’est miracle qu’il soit encore vivant » Oui, vivant ce 2 avril… mais tué le lendemain… Le 14 avril : « […] J’apprends en effet que le petit Cerné aurait été tué. C’est abominable, et comme je plains de tout cœur son malheureux père. D’ici quelques jours, lorsque cette nouvelle sera plus officielle, j’écrirai à ce pauvre Cerné. Je lui dirai que j’ai été le dernier des Rouennais à voir son fils et à l’admirer ». [Albert Martin, « Souvenirs d’un chirurgien de la Grande Guerre », Bertout Editeur, 1996].

Georges Duhamel, affecté à cette même ambulance, consacre également quelques lignes à André Cerné dans son ouvrage « Les sept dernières plaies » (Mercure de France, 1928) : « Puis le sous-lieutenant Cerné parla. Il le fit bien simplement ; mais sa grande voix garde, au fond de ma mémoire, un accent solennel : Oh ! dit-il, nous ne haïssons pas les Boches. Moi, je ne hais pas les Boches. Silence de nouveau. Et l’enfant dit encore quelques mots : Je sais, j’en ai tué… mais… Il n’acheva pas. N’avions-nous pas tous compris ? Pour moi, je me sentais presque délivré de mon angoisse. La gravité de l’heure avait fait sortir de cette bouche la seule parole digne de rompre un tel silence.»

Enfin, Paul Verlet, combattant du 74e R.I. dédie son recueil de poésies de guerre par un long et douloureux texte rédigé en mémoire de son camarade André Cerné dont voici deux strophes :

« Mon petit, mon héros aux gestes de fillette

Qui dors sous les troncs nus du bois de la Caillette

Forts du même idéal et de la même foi

Nous adorions la vie… et ces vers sont pour toi !

[…]

Mon vieux frère éventré, lambeau pur de souffrance,

Ceux de Verdun qui te couvraient d’un coin de France

Ont senti qu’ils muraient sous ce linceul obscur

Un sourire su ciel dans un manteau d’azur ! »

[Paul Verlet, « De la boue sous le ciel », Plon, 1919]

[Sources : http://74eri.canalblog.com/archives/p70-20.html]

Son nom est évoqué dans le journal d’Albert Martin (1866-1945) : « Souvenirs d’un chirurgien de la Grande Guerre », présentés par le docteur Pierre-Albert Martin, Editions Bertout, Luneray,1996, 239 p.

p. 93-94 : au 2 avril 1916 : « Aujourd’hui dimanche, j’ai eu le plaisir de voir quelques figures de Rouennais. […] et d’abord j’ai vu un des fils Cerné (André) ; il pourrait être médecin auxiliaire (ce qui ne lui vaudrait peut être pas beaucoup plus de sécurité), mais il a voulu rester combattant ; il est sous-officier au 74e ; et il a sur la poitrine la Médaille Militaire et la Croix de Guerre. Il était parti simple soldat et le voilà officier. J’ai admiré ce garçon, énergique, brave et plein d’entrain. Son père peut être fier de lui ; mais je comprends l’angoisse dans laquelle il doit se trouver. Son fils, en effet, ne craint rien. Il s’est battu d’admirable façon et c’est miracle qu’il soit encore vivant. L’autre fils Cerné (Pierre) est dans les Vosges comme médecin auxiliaire. »

 

Son nom figure sur le Monument aux morts du Lycée Corneille. Son nom figure sur le Monument aux morts de la ville de Rouen, cimetière Saint-Sever, Petit-Quevilly. Son nom figure sur le Monument commémoratif de l’église Saint-Patrice, Rouen rive droite.

Cerné André Jacques

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