Le monument aux Morts de Bonsecours

Introduction

Le monument aux Morts qui naît avec la Grande Guerre, tout comme les nécropoles nationales ou les autres cimetières militaires, s’inscrit dans un long processus d’affirmation de l’individu comme être unique, singulier, une conception apparue après la guerre de 1870-1871 contre la Prusse. Sa construction participe donc à la tradition des célébrations publiques, déjà amorcée depuis une quarantaine d’années, mais la nouveauté est ici quantitative (par le nombre impressionnant de constructions, plus de 36 000 monuments aux morts communaux sans compter ceux érigés pour les paroisses, les écoles, les administrations, les entreprises, c’est-à-dire en tout quatre à cinq fois plus1) et qualitative (appel à de grands artistes comme Maxime Real del Sarte, Charles Verlet, Paul Landowski, Louis Aimé Lejeune).

L’investissement financier consenti par le groupe social que constitue l’ensemble des citoyens d’une commune, révèle son attachement au culte des morts en lien avec l’identité très forte du village, l’attachement aux valeurs traditionnelles, la volonté d’intégrer le sacrifice dans un paysage plus ou moins ostentatoire (devant l’hôtel de ville, face à l’église, dans le cimetière communal).

Face à l’hécatombe que fut la Grande Guerre, une demande mémorielle naît au cours même du conflit. Le statut de « Mort pour la France » est introduit par la loi dès 1915 (SGA Mémoire des hommes, site ouvert en 2003, recense 1 325 290 soldats « Morts pour la France »). Son attribution a une grande importance pour la famille du disparu, elle ouvre droit aux pensions pour les veuves et au statut de pupilles de la Nation pour les orphelins. La loi du 27 avril 1916 prévoit la création d’un diplôme d’honneur des militaires morts pour la Patrie. La loi du 25 octobre 1919 lance le recensement des disparus de chaque commune de France et l’Etat se charge de proposer à toutes les communes voulant édifier un monument, des subventions, établies en fonction du nombre de morts dans la commune et des ressources de celle-ci. Elle instaure le registre des morts au Panthéon et des livres d’or communaux pour conserver la permanence de la mémoire des sacrifices consentis. Par la loi de finances de 1920, l’Etat subventionne la construction des cénotaphes à condition qu’ils ne se rattachent à aucun culte. Le Monument aux morts, tombeau symbolique perpétuant la mémoire des disparus, est alors une tentative de donner un sens à la disparition de plus de 1,3 million de combattants. De 1918 à 1925, plus de 30 000 monuments sont construits. 16 seront construits chaque jour pendant 5 ans. Seules 1 % des communes n’ont pas de Monument aux morts (seules 14 communes normandes sur 2 233 ne comptent pas de victimes de la Grande Guerre). Entre 1919 et 1922, on compte en moyenne trois inaugurations par jour. Dans la majorité des communes, deux monuments aux morts ont été érigés : l’un dans l’espace public (place du village, mairie, école), l’autre dans l’église (pour les paroissiens tombés au combat) ou le temple (à Bolbec, Lillebonne, Saint-Romain-de-Colbosc), phénomène que notre étude prosopographique montre très bien. Ce sera le cas à Blosseville-Bonsecours avec un monument élevé sur la place de l’Hôtel de ville et une plaque commémorative apposée à Eauplet (malheureusement aujourd’hui disparue).

La loi du 25 octobre 1919, relative à la commémoration et à la glorification des « Morts pour la France » au cours de la guerre a conduit à des listes de noms à inscrire, non sur le Monument (il n’en est pas encore question au sortir de la guerre), mais sur des registres déposés au Panthéon puis sur un livre d’or remis par l’Etat à chaque commune, mais ce livre d’or n’est pas sans erreurs, soit par refus des parents d’y faire figurer le nom de la victime (absence ou présence de liens avec le religieux par exemple à une époque de tensions avec l’Eglise), soit en raison d’un lien direct qui doit exister entre la commune concernée et le défunt, ce qui n’est pas toujours évident à vérifier. Il en sera ainsi du livre d’or de la Commune de Blosseville-Bonsecours définitivement élaboré en 1931 qui porte 52 noms alors que 86 noms sont gravés sur le Monument aux morts. Par la loi du 28 février 1922, l’expression « Mort pour la France » correspond à une définition juridique du statut, modifiant celle du 2 juillet 1915, formule accordée sous certaines conditions et déterminant le versement d’une pension militaire d’invalidité ou de victime de guerre.

Sur notre Monument comme ailleurs, le principe intangible d’égalité devant la mort prévaut et le sacrifice abolit les différences sociales : choix de l’ordre alphabétique sans mention de grade ou de distinction ou bien rangement par année de décès (les deux à la fois à Bonsecours).

Le Monument aux Morts introduit une nouvelle pratique, la mise en exergue d’un collectif au destin finalement commun2. Mais il prend de très nombreux visages d’où la difficulté à articuler niveau local et niveau national, car le monument est une commémoration locale d’un événement national. C’est la même guerre et les mêmes morts que rappellent alors tous nos monuments malgré la diversité des décisions, des contributions dont ils résultent, malgré la diversité des choix spatiaux, de leur architecture ou de leur symbolique, donnant ainsi à chacun son caractère propre, opposé à l’unicité de l’épisode historique. 3

Le marché économique qu’a pu représenter leur édification n’est pas non plus à ignorer. Celui-ci a représenté pour les architectes, les maçons, les sculpteurs, un marché considérable et lucratif de près de 211 millions de francs, soit 156 francs par soldat mort et 5 francs par Français. Le prix des Monuments aux morts s’élève de 5 000 francs à 200 000 francs pour Amiens par exemple (11 800 francs pour Blosseville-Bonsecours).

Le monument aux morts apparaît comme un cénotaphe (de kenos, « vide » et taphos, « tombe ») et remplace de fait les cimetières. Par le nom, par son identité de personne, le soldat est célébré alors que le corps du défunt, mort au combat, est parfois loin ou non identifié. Comme tombe de ceux qui ne sont pas physiquement présents, il fait intégralement partie du travail de deuil. Il développe alors une dimension particulière et une symbolique édifiante. Avec le monument, la Commune accompagne le mouvement de deuil et assure aux disparus la survivance du souvenir individuel et de la mémoire collective. Ces hommes, leur engagement et leur mort doivent alors servir d’exemple pour les générations suivantes. Mais un basculement a eu lieu depuis un siècle : la reconnaissance actuelle des soldats « Morts pour la France » comme victimes d’un conflit d’un autre âge montre le changement qui s’est opéré dans les mentalités. L’héroïsation liée à la guerre et aux exploits militaires a disparu, marquant l’avènement d’une époque pacifiée. De héros, ils sont devenus victimes, et ce renversement mémoriel doit être pris en compte. A l’heure de la perte des repères, des questionnements sur notre identité nationale, de l’individualisme forcené qui détruit tous les liens sociaux, le monument aux Morts de la Commune serait-il devenu un non lieu, un endroit de l’évitement et du passage du fugitif, déplacé dans un premier temps en 1991 sans qu’il n’y ait eu aucun débat public et « posé » en face de la basilique et près de l’entrée du cimetière ?

Selon Jay Winter, dès 1946, « les morts des guerres formèrent une seule et même communauté […], le caractère politique de la Seconde Guerre et certaines de ses horreurs interdisaient de revenir aux formes de deuils utilisées en 1914-1918. » D’autre part, dès le 13 novembre 1964, un article du Le Monde évoque un « 11 novembre, dont les écoliers ont grande peine à saisir la signification. Devrait-il être rayé du calendrier ? » Dans une note sur les fêtes au Président de la République (AN 54G1/290 de janvier 1964), le pouvoir « s’inquiète de l’indifférence de ceux, les jeunes en particulier, qui avouent une ignorance regrettable non seulement des événements, mais aussi des enseignements qu’il comporte. » La mémoire s’était faite identitaire, refermant le chapitre de la défaite de 1870-1871. Mais progressivement, la mémoire ne peut plus évoquer la victoire sur l’Allemagne ou la récupération de l’Alsace, mais le sacrifice d’une génération entière, d’une mobilisation sociale et sociétale inouïe sur fond de civisme né du récit national lavissien. La cérémonie de 1964 est peut-être la dernière du triomphe de la mémoire univoque et triomphante de 14-18, celle de la génération du feu. La France, de la Glorification unanime de la mémoire de 1914-1918 va alors passer à autre chose. Après 1968, les nouvelles générations demandent d’autres pratiques mémorielles pour un conflit de moins en moins compréhensible en raison de l’hédonisme croissant et de la disparition progressive des Poilus.

Désormais, entre douleur et dignité, rancoeurs et fiertés, à l’heure des combats politiques épiques, le « Monument aux Morts » devait avant tout parler aux vivants et aux suivants. Désormais il est muet. On le regarde à peine et il ne suscite plus guère d’émotions, même l’immuable rituel des commémorations du 11 novembre est ignoré de la très très grande majorité des citoyens.

Autre élément perturbateur, par la loi du 20 février 2012, l’anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918 est transformé en hommage à tous les morts de la France y compris ceux des OPEX dont les noms seront désormais ajoutés sur tous les monuments.

Mais définir ces monuments comme uniquement commémoratifs, leur assigner une fonction de mémoire, est trop peu dire. Le monument ne se contente pas de rappeler les morts de la guerre comme le font les plaques commémoratives, il est le support de l’affirmation du lien entre les vivants et les morts, il a été érigé par les vivants pour les morts, à leur intention avec sa dédicace : « Pro Patria ». Offert aux morts par ceux qu’ils ont sauvés, c’est bien un témoignage de reconnaissance par excellence. La population toute entière est associée à son érection et chacun doit y apporter sa contribution, la parcimonie serait de l’ingratitude4. Et pourtant rien ne fut facile et les débats qui entourèrent la construction du monument aux Morts de la commune de Blosseville-Bonsecours le montrent bien.

Par contre le monument sera inauguré avec une rare solennité, la cérémonie qui aura lieu le 14 juillet 1922 montre la volonté commune de témoigner la reconnaissance collective, celle de chacun et de tous envers ceux qui ont assuré la défense de la Nation dans une guerre que l’on considère alors comme juste et décisive pour l’avenir de l’Humanité.

Le monument aux Morts s’inscrit dès son érection dans une longue chaîne de cérémonies, de célébrations, dont l’inauguration n’est finalement que la première. Celle-ci n’a de sens que si elle est la première cérémonie et que bien d’autres suivront. Le monument est conçu dès le début pour accueillir une suite de cérémonies par sa double fonction de mémoire et de culte. Il n’est pas seulement là pour rappeler un souvenir mais pour organiser l’expression publique d’une reconnaissance collective. Ainsi sa fonction cultuelle ou cérémonielle le charge d’une valeur sacrée. Le monument honore une dette dont on ne peut s’acquitter. Jamais l’union de la Nation n’a été plus forte : en commémorant le sacrifice de leurs morts autour de chacun des monuments, les Français exprimaient alors l’unité profonde de leur conscience nationale et de leur adhésion à l’Etat Républicain. Il n’est pas alors que souvenir ou cénotaphe, il est bien devenu l’autel de la Patrie dans un conflit qui fera en France 1 décès pour 28 habitants. Et la minute de silence devient la forme laïcisée de la prière chrétienne.

Indéniablement inscrits dans leur époque, ces lieux de mémoire que sont les Monuments aux Morts ont leur Histoire, une histoire singulière en prise directe avec leur territoire, ici une petite commune aux portes de Rouen. Chacun en leur place, ils ont accueilli le deuil, perpétué le souvenir, entretenu la mémoire. C’est l’histoire d’un groupe social avec ses disparus, l’histoire d’aventures individuelles qu’il s’agit de redécouvrir un siècle après les événements. A partir des renseignements succincts, partiels, il s’agit pour nous de retrouver alors un homme et son destin individuel. Il s’agit d’insuffler un peu de vie et d’humanité à l’anonymat de ces noms gravés en lettres d’or sur le Monument aux Morts.5

L’histoire des monuments aux morts de la Grande Guerre, outils mémoriels d’une puissance sans précédent, nous apprend beaucoup sur la France de l’entre-deux guerre, ses tensions politiques, ses contradictions territoriales, ses ambiguïtés, mais aussi ses forces. Elle nous rappelle surtout qu’hier comme aujourd’hui la communauté nationale est une construction politique. Et que la mémoire en est l’un des piliers fondamentaux6. Mais la mémoire est aussi d’abord propre à celui qui a vécu l’événement, celui qui ne l’a pas connu ne peut avoir qu’un regard de connaissance. Si le regard et l’esprit ne sont pas éduqués à l’interrogation et au questionnement, alors il est plus difficile que le Monument aux morts de la Commune soit considéré et interrogé comme il le devrait.

La mémoire de la Grande Guerre est partout en France et le centenaire semble hanter l’imaginaire national comme le montre le succès de la série Apocalypse qui obtient 24,2 % d’audience en 2014 ou celui de la Grande collecte. En 2014, près de 1 500 projets sont également labellisés. De son côté la presse écrite n’est pas en reste : en France, 35 revues sont consacrées à la guerre dont 4 exclusivement à la Grande Guerre. Dès lors, l’approche du centenaire de la Grande Guerre s’étalant sur les années 2014-2018, pourrait saisir l’occasion d’actualiser les signes, les codes frappés de désuétude, dépoussiérer le lieu et réfléchir au sens à lui donner aujourd’hui par rapport au sens qu’il avait hier.7

 

1 Dalisson (Rémi), 11 Novembre, du souvenir à la mémoire, Armand Colin, Paris, 2013, p. 52

2 David (Franck), Comprendre le monument aux morts, lieu du souvenir, lieu de mémoire, lieu d’Histoire, Ministère de la Défense-DMPA/éditions, Paris, 2013, p. 66

3 Antoine (Prost), Mémoires locales et mémoires nationales. Les monuments de 1914-1918 en France, in Guerres mondiales et conflits contemporains, PUF, Paris, Juillet 1992, p. 41

4 Antoine (Prost), Mémoires locales et mémoires nationales. Les monuments de 1914-1918 en France, in Guerres mondiales et conflits contemporains, PUF, Paris, Juillet 1992, p. 48

5 David (Franck), Comprendre le monument aux morts, lieu du souvenir, lieu de mémoire, lieu d’Histoire, Ministère de la Défense-DMPA/éditions, Paris, 2013, p. 80

6 Jagorel (Quentin), Les monuments aux morts, puissant outil mémoriel après la Grande Guerre in Le Monde.fr, 26 septembre 2014

7 David (Franck), Comprendre le monument aux morts, lieu du souvenir, lieu de mémoire, lieu d’Histoire, Ministère de la Défense-DMPA/éditions, Paris, 2013, p. 84

Questions de Méthodologie :

Retracer de la façon la plus précise et exhaustive possible le destin de près d’une centaine d’hommes qui ont disparu il y a maintenant un siècle, soit près de quatre générations, n’est pas une chose aisée, il n’y a qu’à voir comment le passé familial disparaît très vite d’une génération à l’autre, ne laissant parfois que quelques bribes. Travailler sur tous les noms qui sont aujourd’hui inscrits sur le monument aux morts de la Commune de Blosseville-Bonsecours a donc nécessité de notre part de croiser de nombreuses sources afin d’éviter toute erreur.

Dès l’origine, les noms gravés sur le monument aux Morts (au nombre de 86) ont pu l’être grâce aux avis de décès reçus par la mairie tout au long du conflit et à une sélection de sa part des noms à y faire figurer. Au fur et à mesure des nouvelles du front, les édiles ont ainsi pu élaborer des listes de défunts. En confrontant ces deux sources dont l’une dépend de l’autre, nous avons déjà constaté des erreurs et des approximations.

Afin de corriger ces erreurs et approximations, nous avons alors été rechercher tous les registres de naissance disponibles que nous avons croisés avec les fiches des soldats « Morts pour la France » sur le site « Mémoire des hommes » du Ministère de la Défense. Nous avons ensuite couplé ces dernières avec les registres matricules qui viennent d’être mis en ligne dans la plupart des départements à l’approche du Centenaire. Enfin, nous avons consulté le livre d’or de la commune envoyé au Ministère des Pensions en 1929 (site des archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine).

Nous avons aussi consulté les journaux susceptibles de donner des informations sur nos anciens : le Journal de Rouen bien entendu, les bulletins paroissiaux de l’Archidiocèse de Rouen, le Journal Officiel de la République Française.

Grâce à tous ces croisements, nous avons tenté de corriger les erreurs que l’on peut rencontrer sur le monument (orthographe écorché des noms propres, erreurs de prénoms, soldat inscrit alors qu’il a survécu à la guerre), mais aussi d’en compléter la liste (d’autres Anciens Bonoxiliens sont décédés pendant la Grande Guerre et ont été « oubliés » au moment de l’édification du Monument en leur honneur et dans le livre d’or de la Commune qui ne relève que 52 noms). Se pose aussi la question des « non Morts pour la France » [Près de 100 000 décédés ne bénéficièrent pas de la mention « Mort pour la France » pendant la Grande Guerre. Soldats sans famille, orphelins ou combattants indigènes (Afrique, Algérie, Indochine), personne ne put apporter la preuve que la cause du décès était la conséquence directe d’un fait de guerre. Toutefois pour certains, la mention a pu être établie ultérieurement] qui font l’objet d’un classement à part et que nous devons prendre en compte dans notre analyse.

Enfin, notre travail de recherche s’est aussi déroulé sur le terrain. Nous avons parcouru toute la région normande et les départements proches (Oise, Somme, Eure-et-Loire, Pas-de-Calais) afin de retrouver des traces concrètes de nos anciens sur les Monuments aux morts des communes où ils vécurent, les lieux où ils tombèrent ou dans les églises qu’ils fréquentèrent comme paroissiens.

Notre objet d’étude porte sur le destin de nos « Anciens » concitoyens de Blosseville-Bonsecours, devenus combattant français de la Grande Guerre et « Mort pour la France ». Il faut retracer en deux morts la manière dont ils ont été recrutés. La loi du 27 février 1872 institue le service militaire pour tous les Français âgés de 20 ans qui sont affectés à une classe lors du recensement. Le 21 mars 1905 rend le service universel et égalitaire en supprimant le tirage au sort et sa durée est ramenée à 2 ans puis la loi du 19 juillet 1913 le porte finalement à 3 ans. Une fois recensé, le jeune passe devant le conseil de révision qui statue sur ses aptitudes et le classe bon pour le service, bon pour service auxiliaire (en raison de son état de santé), ajourné (en raison d’une constitution trop faible ou non conforme physiquement), appelé ultérieurement à repasser, exempté (en raison d’un handicap). Sur présentation de justificatif, un sursis peut être accordé aux étudiants ou soutiens de famille. Avec l’entrée en guerre et les besoins toujours croissants, l’appel des classes suivantes s’effectue par avance : la « classe 14 » en septembre 1914, la « classe 15 » en décembre 1914, la « classe 16 » en janvier 1915, la « classe 17 » en avril 1916, la « classe 18 » en avril 1917, la « classe 19 » en avril 1918. De l’Armée d’active, le soldat est ensuite versé dans la réserve de l’Armée d’active lorsqu’il atteint 24 ans et y reste jusqu’à 34 ans. Ensuite il fait partie de l’Armée territoriale puis de la réserve de la Territoriale pour ceux nés entre 1867 et 1872. La loi de 1913 permet aussi l’engagement de volontaires mineurs de plus de 18 ans sur autorisation parentale au moins trois mois avant la date d’appel prévu. Ce délai peut être abaissé à l’âge de 17 ans en cas de guerre après publication d’un décret présidentiel qui aura lieu en août 1914. Les engagements se font pour 3, 4, 5 ans ou pour la durée de guerre.

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