II. Historique de la construction du Monument aux Morts du Lycée Corneille inauguré le 25 janvier 1923

Le Comité de l’Association des Anciens Elèves, lors de la réunion du 21 novembre 1919, s’est réuni dans la salle de l’Association au lycée Corneille, sous la présidence de M. Rollé, Président de l’Association.

« A l’heure où la paix est définitive, il convient plus que jamais de songer avec recueillement à ceux d’entre nous qui sont morts pour la patrie. Il faut que soit éternelle leur mémoire, comme notre reconnaissance. Il faut que les générations qui s’élèvent et celles qui viendront dans la suite des siècles, gardent leur culte et que jamais ne s’éteigne la flamme vivace du souvenir. C’est guidé par cette pieuse pensée que notre regretté président Delabost avait consacré tous ses soins à la rédaction du Livre d’or. Cette œuvre va paraître, mais il importe qu’elle soit complète et définitive. Nous prions donc instamment tous ceux de nos camarades qui possèdent des documents et des photographies de leurs chers disparus, de nous les adresser sans retard. C’est un devoir urgent qu’ils devront accomplir avec la plus légitime fierté. Et nous allons aussi, par un monument, célébrer tous ceux qui sont tombés. Le livre d’or, c’est bien, c’est le volume qui restera dans la bibliothèque familiale et connu des intimes, le monument sera mieux parce qu’il proclamera dans sa simplicité voulue, aux yeux de tous, le sang versé par les anciens élèves de notre vieux lycée. Passant que ton front se découvre, que ton regard soit frappé par cette colonne où sont inscrits des noms. Songe que ceux-là, qui furent instruits et élevés à l’ombre de ces vieux murs, sous l’égide de Pierre Corneille dont la statue se dresse dans la cour d’honneur ont donné leur sang et leur vie pour que la France soit sauvée : épèle leurs noms glorieux à jamais sauvés de l’oubli, symboles de vertus militaires et du devoir, donne leur ta pensée émue et reconnaissante car ils ont contribué à te garder tes biens. Vainqueurs, par-delà la mort, de l’immonde barbarie allemande qui devait anéantir notre douce France, leurs noms rayonnent dans l’éternité. Passant, que ton front se découvre. Et vous tous, chers camarades, anciens condisciples de ceux qui ne sont plus et que nous devons glorifier, apportez votre souscription à l’oeuvre entreprise. Notre association qui devait, en 1914, fêter son demi-siècle par une cérémonie digne d’elle, de son passé et de son avenir, consacre à l’érection du monument projeté, les fonds qu’elle destinait au cinquantenaire. Mais il est convenable que chacun d’entre-nous contribue personnellement à la commémoration du souvenir, il y va de notre devoir, il y va de notre dignité, et nul d’entre nous ne faillira à cette tâche sacrée. » [Sources : Armand Le Corbeiller, « Notre Vieux Lycée », Bulletin de l’Association des anciens élèves du lycée Corneille, 1919, n° 34]

Les projets suivant furent discutés :

*** Le livre d’Or de la Guerre :

Le comité de Rédaction du Bulletin demande de lui allouer une somme pour la publication du livre d’Or : le Comité décide, sur l’avis du trésorier, d’accorder une somme de deux mille francs plus une somme de 1 500 Francs pour le bulletin de décembre. Le livre d’Or devra comprendre tous les anciens élèves du lycée mais les membres de l’Association devront être désignés par un signe distinctif.

Rappelons aussi que l’Association des Anciens élèves du lycée dans sa liste générale des sociétaires de juillet 1876 avait déjà, par un entrefilet, rendu hommage aux deux Cornéliens sociétaires tués pendant la guerre de 1870-1871 contre le Prusse, à savoir Adolphe-Jules Tilliard, général de brigade, sorti du lycée en 1834, mort à Sedan en septembre 1870 et Ferdinand Bardout, notaire à Paris, sorti du lycée en 1851 et mort des suites du siège à Paris en novembre 1870.

*** Le Monument aux Anciens Elèves tombés au champ d’Honneur :

Le Comité, d’accord avec l’administration du lycée, décide d’ouvrir une souscription parmi les Anciens Elèves pour élever un monument au lycée ; le lycée de son côté contribuera à cette souscription.

Le 7 février 1920, le Comité se réunit en Assemblée Générale dans les salons de l’Hôtel de France.

Outre les inquiétudes relatives au prix du papier et de l’impression, M. Le Corbeiller, président du comité de rédaction du Bulletin de l’Association, constate la difficulté de publier le Livre d’Or qui coutera fort cher.

L’Assemblée décidera en conséquence, à l’unanimité, qu’une somme de 2 500 Francs sera prise sur la caisse de l’Association pour la confection du Livre d’Or qui devra contenir, dans la mesure du possible, les photographies des camarades tombés au champ d’Honneur. « Déjà, la liste des morts, hélas, étant trop longue, il [le président du comité] ne peut, selon l’usage, les lire, laissant le soin de les publier au rédacteur du Livre d’or ». A propos de la question relative au monument à élever aux camarades morts pour la Patrie, le Comité décide à la majorité qu’un concours sera ouvert pour le monument parmi tous les sculpteurs anciens élèves ou non. Une commission artistique est nommée pour s’occuper de ce concours, ce sont les camarades G. Dubosc, Pelouy, R. Martin, G. Monflier, J. Baudouin, F. Destin auxquels il y aura lieu d’adjoindre un septième membre. Le Président devra faire quelques visites pour obtenir des souscriptions, celles recueillies jusqu’alors étant tout à fait insuffisantes.

Lors de sa séance du 15 décembre 1920, le Comité décide qu’en raison de l’insuffisance des souscriptions, il y a lieu d’abandonner le projet de Monument et de le remplacer par une simple plaque sur laquelle seront gravés les noms des camarades morts au Champ d’Honneur. Cette plaque sera placée dans le couloir allant de la cour d’Honneur au parloir. Les discussions du Comité permettent de préparer l’Assemblée Générale suivante dans laquelle sont discutés :

– les difficultés d’impression du Livre d’Or qui forcent le Comité à allouer une nouvelle somme de 6 000 Francs.

– le Président du Comité rend également compte à l’assemblée Générale des difficultés pour arriver à l’érection d’un Monument aux Morts et propose de le remplacer par des plaques commémoratives.

Lors de l’Assemblée Générale du 5 février 1921, « le Président rend compte à l’Assemblée Générale des difficultés pour arriver à l’érection d’un monument. Il propose de remplacer le monument, pour lequel l’Association n’a pas réuni les fonds suffisants, par de simples plaques commémoratives. Cette proposition rallie les suffrages de tous et l’Assemblée décide en outre que ces plaques devront être placées autant que possible à l’entrée du lycée ». Ce même-jour, « le président donne lecture de la liste des camarades décédés depuis la dernière assemblée générale et des camarades décorés. »

Dans la séance du Comité du 1er mars 1921, concernant le projet du Monument, M. Delabarre est en charge de la collecte d’informations concernant la suite à donner mais est absent à la réunion. Il est prié d’informer le Comité. Le camarade Gautier propose le nom d’un graveur qui pourrait se charger de faire les plaques commémoratives pour la somme de 10 000 Francs.

La réunion suivante du 30 avril 1921 permet de revenir sur le projet d’un monument. M. Delabarre peut en effet exposer son projet de monument qui est adopté en principe par le Comité ainsi que son emplacement sur le perron du milieu dans la cour d’honneur, sauf approbation de la Ville et du Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux Arts. Cependant, la souscription ne s’élevant encore qu’à 13 000 Fr et le monument devant atteindre la somme de 25 000 Francs environ, le Comité décide de faire un nouvel appel aux camarades pour compléter la souscription.

La séance du 27 juin 1921 de la même année permet de connaître la réponse du Ministre, via M. Bellé Proviseur du lycée, à la demande du Comité. La lecture en est faite par le Président, G. Monflier : « Monsieur le Président, J’ai l’honneur de vous donner copie ci-après d’une lettre de Monsieur le Ministre du 11 juin, communiquée par M. le Recteur le 22 juin et copie d’une circulaire ministérielle en date du 16 juin. De Monsieur le Recteur : Monsieur le Ministre m’écrit à la date du 11 courant ce qui suit : En réponse à votre rapport du 26 mai, j’ai l’honneur de vous faire connaître que j’estime que le monument à la mémoire des anciens élèves du lycée de Rouen tombés pour la Patrie tel qu’il est conçu, ne serait pas à sa place dans la cour d’Honneur du lycée et devrait de préférence être édifié dans la chapelle de l’établissement. Je vous prie de bien vouloir porter cette réponse à la connaissance des membres du Comité de l’Association des Anciens Elèves du lycée Corneille. »

Que dit la Circulaire Ministérielle : « Un certain nombre d’Associations d’Anciens Elèves, après avoir recueilli les fonds nécessaires à l’érection d’un monument à la mémoire de Maîtres, Elèves ou anciens Elèves tombés pour la Patrie, ont exprimé le désir que ce monument fut placé dans la cour d’Honneur de l’établissement. J’ai eu l’occasion de constater qu’un pareil emplacement ne convenait par toujours au sujet choisi par le Comité. Trop de ces monuments ont, en effet, un caractère simplement funéraire et paraissent avoir leur place marquée dans un cimetière ou une chapelle. Il importe que les monuments qui se dresseront dans la Cour d’Honneur d’un lycée ne soient pas un témoignage déprimant de douleur et de regrets, mais qu’ils rappellent la fierté, la reconnaissance, la foi en l’avenir avec lesquelles la Patrie tient à inscrire les noms des héros qui l’ont sauvée, des vainqueurs qui ont tout fait pour sa gloire. Je désire en conséquence que les maquettes des monuments pour lesquels un emplacement serait demandé dans un lycée me soient soumises avant leur exécution définitive. »

Après avoir entendu le camarade Delabarre et ses explications, le Comité décide de proposer au ministre un nouveau projet qui sera établi par le camarade Delabarre ; il autorise ce dernier à faire une démarche personnelle auprès du ministre pour le faire revenir sur sa décision.

Lors de la séance du 14 novembre 1921, on apprend que M. Delabarre informe le Comité de la réussite de sa mission, le ministre étant revenu sur sa décision et a accepté le projet Delabarre. Ce dernier expose que le monument coûtera 25 000 Fr. La souscription ne s’élevant qu’à 15 000 Fr, le Comité tout en adoptant en principe le projet Delabarre-Guilloux décide qu’il y aura lieu de faire ratifier cette décision par l’Assemblée Générale.

La séance du 16 janvier 1922 évoque le Monument Delabarre-Guilloux : « Le Comité décide que le camarade Delabarre devra donner son devis avant l’Assemblée Générale. Le Président présentera en outre un projet de simples plaques de marbre. Un comité d’honneur sera constitué pour l’érection du Monument dont la présidence sera donnée à M. Doliveux, Inspecteur d’Académie, le Préfet, le Maire, le Proviseur et les généraux anciens élèves du lycée feront partie de ce comité. »

C’est lors de l’Assemblée Générale de l’Association des Anciens du 4 février 1922 que la décision est prise de construire ce monument aux morts : « le Président rend compte de toutes les difficultés que la comité a rencontré depuis la dernière Assemblée pour aboutir à l’érection du monument. Il présente à l’Assemblée trois projets qui ont été soumis au comité : un projet de monument du statuaire Dalandre ; un projet de bas relief de MM Delabarre et Guilloux ; un projet de simple plaques de marbre avec inscription. Après une courte discussion, le projet Delabarre-Guilloux est adopté. Mais ce bas-relief coûtera 25 000 francs, d’après une lettre du camarade Delabarre, et la souscription ne s’élève à l’heure actuelle qu’à 16 000 francs. L’Assemblée décide que le complément devra être pris sur les fonds de l’Association. Le président fait un nouvel appel aux camarades présents pour amener de nouvelles souscriptions. Il est décidé également que les cérémonies religieuses auront lieu à la chapelle du Lycée, au temple protestant et à la synagogue au cours desquelles une quête sera faite pour le monument. »

« Activement poussés, les travaux de sculpture seront terminés pour la rentrée et il est à souhaiter qu’on puisse inaugurer cette belle œuvre, lors du Jour des Morts, qui doit être choisi pour rendre un suprême hommage à ceux qui sont tombés pour la défense de la Patrie. »

L’Assemblée Générale verra, en plus de ces deux projets, celui d’un monument du statuaire Delandre. Le projet retenu sera celui de Delabarre-Guilloux.

Le 30 avril 1922, Georges Dubosc, dans un article du Journal de Rouen évoque le projet de notre Monument aux Morts :

La séance du Comité du 31 mai 1922 commence à préciser ce que sera l’inauguration du monument : elle devra avoir lieu un matin à 10 heures et sera précédée à 8 heures d’une messe de Requiem à la chapelle du Lycée. Des cérémonies religieuses suivront l’inauguration au temple protestant et à la synagogue. Cette séance permet également de connaître la proposition d’action de M. Leitz, de tirer le monument en cartes postales et de les vendre dans le lycée au profit du monument. Il faut dire aussi que le 8 juin 1922, 131 cercueils arrivent en provenance des différents fronts en gare de Rouen pour être rendus aux familles. L’émotion est alors intense.

La réunion du 22 décembre 1922 atteste que le Monument est arrivé au lycée. M. Delabarre étant prêt, il est décidé que l’inauguration aura lieu le 25 janvier 1923. A cette occasion, les généraux Nivelle, Hellot, Gassouin et Foliot seront les présidents d’honneur d’un comité également composé du Recteur, de l’Inspecteur d’Académie, du Préfet et du Maire de Rouen. Pour l’inauguration, l’Association invitera un Saint-Cyrien et un Polytechnicien. Des invitations seront adressées aux familles des camarades morts pour la France et l’annonce de l’inauguration aura lieu officiellement.

La réunion suivante du 28 décembre détaille plus complètement le contenu de l’inauguration du jeudi 25 janvier 1923. Elle sera précédée de cérémonies religieuses :

1) A la Synagogue à 8 heures du matin.

2) Au Temple protestant à 8 h 45.

3) A la Chapelle du lycée à 9 h 30.

Peu après l’inauguration du monument on lit dans le compte-rendu de réunion le résumé des motivations de l’Association des Anciens élèves concernant le Monument aux morts du lycée : Georges Monflier, président de l’Association des Anciens de 1920 à 1923 et capitaine d’artillerie de réserve sut faire preuve d’abnégation. « L’Association, qui devait en 1914 fêter son demi-siècle d’existence, dut naturellement y renoncer et décida de consacrer à l’érection d’un monument élevé aux camarades morts à la guerre les fonds qu’elle avait recueillis pour célébrer son cinquantenaire. Une souscription ouverte à cet effet marchait péniblement, quand Monflier reprit l’affaire en mains avec l’intention bien arrêtée de la mener à bien, et c’est à ses efforts et à sa ténacité que l’on doit le monument qui se trouve dans la cour d’honneur et qui fut inauguré le 25 janvier 1923. »

Les travaux ayant pris du retard, l’inauguration, dont tout le monde voulait qu’elle se tint le 11 novembre 1922, aura finalement lieu le 25 janvier 1923.

[Sources : Bulletin de l’Association des anciens élèves du lycée Corneille, « Notre vieux Lycée », n°35, 1920-1921 ; n°36, 1921-1922 ; n°60, 1934 & Journal de Rouen du 5 novembre 1926 & ADSM, 122J6]

Edifié par souscription lancée par l’Association des Anciens élèves du Lycée sous la conduite de leur Président Georges Monflier et de leur Vice-président Paul Fraënkel. Paul Collard (1855-1926), courrier en fournitures industrielles, contribue lui aussi après guerre, pour une large part à mener à bien, avec le président Monflier, la tâche difficile de l’élévation du Monument aux morts après la guerre. Il est légitimement honoré dans Notre Vieux Lycée. [Sources : « Notre Vieux Lycée », Bulletin de l’Association des anciens élèves du Lycée Corneille, 2e trimestre 1926, n° 45]. Conçu par l’architecte Edouard Delabarre et par le sculpteur Albert Guilloux, deux artistes Rouennais. Oeuvre exécutée par la Maison Guilloux et Rose. Si le Livre d’or du Lycée, publié en 1922, recense 277 noms (258 puis 19 omissions ajoutées), 267 soldats « Morts pour la France » reçoivent un hommage appuyé en ce jour d’inauguration, puis 277 noms de soldats finissent par être inscrits sur le monument.

La description du monument revient à Georges Dubosc dans le Journal de Rouen :

« Ce monument aux morts, conçu par nos concitoyens, l’architecte Edouard Delabarre et par le sculpteur Albert Guilloux, est placé dans la cour d’honneur du Lycée Corneille et s’harmonise avec l’architecture générale de l’édifice. Au-dessus du perron, derrière la statue de Pierre Corneille, il occupe presque entièrement la baie centrale des trois arcades du vestibule du pavillon d’entrée. Sa décoration comprend un bas-relief presque carré. Sur un socle élevé, allongé dans la rigidité, repose un jeune combattant, un de ces anciens élèves du Lycée Corneille, frappé pour la défense de la Patrie, en pleine jeunesse studieuse. Son corps, revêtu de la tenue horizon, s’enveloppe dans le drapeau tricolore, dont il serre un pan, de sa main crispée. Jetés sur la base, un livre, pour jamais fermé et une torche renversée qui s’éteint, allégorisent la brièveté de sa vie. En ses derniers regards, le jeune mourant, contemple, comme en une vision finale, l’aspect de « Notre vieux Lycée ». Sur lui, se penche à son chevet, une figure de femme attristée, « la France universitaire », en vêtement de deuil, drapée dans la toge professorale, qui dépose pieusement la palme triomphante, près du casque, sur le jeune corps étendu.

Ce bas-relief, en marbre blanc de Carrare, d’un noble sentiment, s’encadre dans un large motif, très simple, qu’accostent sur les côtés, des colonnettes cannelées supportant, au sommet, des écussons d’où tombent des guirlandes de lauriers. L’ensemble du bas-relief, avec l’encadrement, en pierre agglomérée, déborde un peu sur les pilastres de la baie centrale. Il est couronné par un cénotaphe, décoré dans le style pompeux du XVIIe siècle. Au centre, se détache une grande couronne portant la croix de guerre, au-dessus de deux palmes victorieuses entrecroisées. Aux deux extrémités, se devinent des trophées d’armes : boucliers, piques et hallebardes. Ce large motif décoratif, laisse apparaître toutefois le cintre de l’arcade architecturale, contre laquelle il est adossé. Au-dessus du bas-relief, un bandeau, porté par des têtes de lion, permet de lire l’inscription latine : quis pro Patria vitam non dederet ? Sous les deux dates dorées : 1914-1918, se déroule la longue liste des morts du Lycée Corneille, en plusieurs colonnes, qui compte plus de 260 noms, car, dernièrement, on a été obligé d’en ajouter quelques-uns. Au-dessus de cette liste funéraire, si touchante, se lit la dédicace suivante : « A nos camarades morts pour la France, les Anciens ». L’ensemble de ce monument commémoratif a 4 mètres 10 de hauteur sur 3 mètres 90 de largeur. L’oeuvre générale présente un caractère émouvant et expressif, celui qu’on pouvait attendre de la collaboration d’un artiste sincère et ardent comme Edouard Delabarre et d’un sculpteur distingué et délicat Albert Guilloux. […] Ce monument sera certainement pour les jeunes générations universitaires, qui l’auront chaque jour sous les yeux, un bel exemple du patriotisme, glorifié par l’Art. »

[Sources : « Notre vieux Lycée », Bulletin de l’Association des anciens élèves, n° 35 (1920-1921), n°36 (1921-1922) & n°38 (1er semestre 1923), édition Lucien Wolf, 13-15 rue de la Pie]

Le projet du Monument aux Morts du Lycée Corneille par Guilloux, Rose et Delabarre [Sources : Livre d'or du Lycée Corneille]
monument
[Sources : cliché F. Sajous]
monument
La cour d'Honneur du Lycée Corneille en 1902 [Sources : collection particulière Frédéric Vivien]
La cour d'Honneur du Lycée Corneille après l'inauguration du Monument [Sources : collection particulière Frédéric Vivien]
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